Introduction

 

 

Le Prodrome des Végétations de France est  issu de la volonté affichée par la communauté de phytosociologues français lors du Colloque de Phytosociologie tenu à Orsay les 24 et 25 octobre 1996 d'harmoniser le synsystème à l'échelle de la France et de disposer d'un cadre de références phytosociologiques pour les travaux effectués dans ce domaine.

            Entre temps, avec le développement et les applications des Directives européennes (CORINE Biotopes, Natura 2000), il est apparu urgent et indispensable de posséder un référentiel typologique commun pour l'ensemble du pays des divers milieux et habitats, le système phytosociologique se prêtant efficacement à une telle typologie. Les Cahiers d'Habitats en sont l'illustration.

 

            Élaborer un prodrome des végétations de France n'est pas une opération de pure recherche. C'est avant tout la mise en forme, la mieux et la plus utilisable possible, de connaissances actuelles sur la végétation du pays. Ce n'est pas pour autant une opération aisée et celle-ci a demandé plusieurs années de travail et de réunions successives au "groupe du Prodrome".

            Le principal but recherché du prodrome au-delà d'un maximum de cohérence et de rigueur scientifique dans la définition des unités de végétation, est celui de l'adhésion du plus grand nombre d'utilisateurs.C'est pourquoi le groupe de travail, initialement coordonné par le Professeur J.-C. RAMEAU, puis à la fin par le Professeur J.-M. GÉHU a toujours été largement ouvert à tous les phytosociologues actifs de ce pays. La liste finale est celle des collaborateurs réguliers du Prodrome. Vincent BOULLET a assuré la lourde tache de la mise en forme des décisions collégiales prises au cours des réunions et surtout de la mise en conformité nomenclaturale des divers syntaxons retenus avec les règles de la 3ème édition du Code International de Nomenclature Phytosociologique.

 

Les syntaxons conçus dans l'optique phytosociologique usuelle sont étroitement corrélés aux conditions synécologiques et syndynamiques de leur milieu, gardant ainsi toute leur signification de cadre biocoenotique et de fonctionnement écosystémique. Leur typologie reflète étroitement celle des habitats.

 

            Le Prodrome des Végétations de France est une oeuvre collective et consensuelle. Il marque un progrès décisif par rapport à la situation antérieure. Ce n'est pas pour autant une œuvre finie, mais bien une étape, sans doute importante et indispensable dans le présent, mais non définitive. L'œuvre reste ouverte et il faudra à l'avenir la creuser et l'élargir. Creuser en confortant floristiquement et écologiquement la valeur de chaque syntaxon, avec pour but d'accéder à un prodrome détaillé jusqu'au niveau association. Pour cela il conviendra d'appliquer aussi, plus que le temps imparti au groupe de travail et les moyens dont il disposait (œuvre bénévole) ne l'ont permis, les méthodes classiques de comparaisons analogiques tabulaires ou informatiques. Il faudra poursuivre également le travail de mise en cohérence plus généralisée des concepts d'unités supérieures. En général c'est le concept de classe homogène mais relativement petite en dimension qui a prévalu, parce que plus maniable. Quelques grandes classes (forêts, éboulis…) ne répondent cependant pas encore à cette vision.

            Par ailleurs l'élargissement des réflexions et du travail devra, demain, se situer dans un cadre plus européen encore, et la recherche d'une harmonisation plus poussée avec d'autres synsystèmes nationaux sera nécessaire.

 

            Le Prodrome des Végétations de France doit être au delà de sa première édition, considéré comme une œuvre vivante, régulièrement actualisable, que des "groupes de travail synsystématiques", à l'instar de ce qui existe à l'étranger (Italie, Espagne, Allemagne…) pourront faire progresser.

 

            Nous sommes persuadés que tel qu'il est aujourd'hui, ce prodrome indispensable rendra de réels services à ses usagers. C'est en tout cas notre souhait le plus vif.