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Présentation générale du Prodrome

 

Le Prodrome des Végétations de France consiste avant tout à la présentation d'un synsystème phytosociologique hiérarchisé les unités supérieures de végétation de la France jusqu'au rang de sous-alliance. L'élaboration de ce synsystème s'appuie d'une part sur la documentation phytosociologique publiée concernant la France ainsi que sur l'expérience inédite des différents auteurs du prodrome. Il a également été tenu compte des synsystèmes proposés récemment dans les pays proches, plus particulièrement en Espagne (RIVAS-MARTÍNEZ, S., FERNÁNDEZ-GONZÁLEZ, F. & LOIDI, J., 1999), pour les Alpes (THEURILLAT, J.-P., AESCHIMANN, D., KÜPFER, P. & SPICHIGER, R., 1995), en Autriche (MUCINA, L., GRABHERR, G. & ELLMAUER, T., 1993 ; MUCINA, L., GRABHERR, G. & WALLNÖFER, S., 1993 ; GRABHERR, G. & MUCINA, L., 1993), en Allemagne (POTT, R., 1995), aux Pays-Bas (SCHAMINÉE, J.H.G., WEEDA, E.J. & WESTHOFF, V., 1995). D'une manière générale, le synsystème proposé s'inscrit dans les perspectives d'évolution de la classification phytosociologique vers un système plus cohérent sur le plan structural et dynamique. Néanmoins de telles aprroches n'ont pu être menées dans un ceratin nombre de cas principalement en raison de d'une documentation insuffisante pour la France ou de différences de point de vue des auteurs. Un traitement plus classique a dès lors été maintenu. Les unités de présence douteuse en France ou encore de diagnose insuffisante n'ont pas été retenues dans ce prodrome.

 

D'une manière générale, endehors des sous-alliances, le recours aux rangs supplémentaires (sous-classe, sous-ordre) qui alourdit la lisibilité du système et encombre souvent les utilisateurs a été évité dans la mesure du possible. L'élévation au rang principal supérieur ou inférieur, ou encore l'abandon de ces unités a été priorisé. En définitive aucune sous-classe et seulement 7 sous-ordres figurent dans le synsystème proposé.

 

Une attention toute particulière a porté sur la nomenclature phytosociologique et l'application des règles nomenclaturales de la troisième version du code de nomenclature phytosociologique (IPCN, 2000) afin d'éviter la dérive nomenclaturale ésotérique vers laquelle divers travaux français tendaient à basculer ces dernières années. Cet effort de stabilisation et de justification des noms de syntaxons retenus s'inscrit d'ailleurs pleinement dans les démarches similaires déjà très avancées dans bon nombre de pays européens. Cet essai d'harmonisation nomenclaturale, jamais encore réalisé en France, se traduit par diverses nouveautés syntaxonomiques, de nombreux noms restant à valider, ainsi que par l'abandon de noms couramment utilisés ou proposés à tort.

Le Prodrome des Végétations de France essaie donc de répondre aux attentes de nombreux utilisateurs quant à un choix clair et justifié des noms de syntaxons et le respect des règles de nomenclature phytosociologique internationale. Il s'ensuit une abondante synonymie qui, loin d'être exhaustive, regroupe déjà 2124 noms de syntaxons.

 

Dans cette première version publiée du Prodrome, il n'a pas été possible d'intégrer les taxons caractéristiques de chaque unité retenu. Ce projet est reporté à une version ultérieure du Prodrome.

 

En complément du synsystème des végétations de la France, le Prodrome fournit la bibliographie complète des publications concernées par les noms de syntaxons cités.

Un index des noms d'auteurs et des abréviations utilisées, ainsi qu'un index des noms de syntaxons figurant dans le prodrome ont également été ajoutés afin de faciliter la consultation du Prodrome.

 

Le synsystème de la France

 

Les rangs syntaxonomiques traités par le synsystème vont de la classe à la sous-alliance.

Chaque syntaxon retenu est accompagné de sa synonymie usuelle en France (lorsqu'elle existe) et d'une courte diagnose physionomique, écologique et chorologique.

Les informations portées aux rangs supérieurs valent pour toutes les unités subordonnées. Quand il n'existe q'un seul syntaxon de rang subordonné (par exemple une alliance unique pour un ordre), les caractéristiques physionomiques, écologiques et chorologiques sont les mêmes pour les deux syntaxons et celles-ci figurent uniquement pour le rang supérieur (dans l'exemple cité précédemment, pour l'ordre seulement). Quelques exceptions ont cependant été faites lorsqu'un syntaxon subordonné unique (en France) possédait des caractéristiques écologiques fortement originales par rapport à d'autres syntaxons subordonnés non représentés en France.

 

En ce qui concerne les étages de végétation, la terminologie employée est celle usuelle pour la région eurosibérienne de "planitiaire, collinéen, montagnard, subalpin, alpin et nival", et pour la région méditerranéenne, suivant S. RIVAS-MARTÍNEZ (1985), de "thermo-, méso-, supra-, oro- et cryoméditerranéen".

 

Ordre de présentation

 

L'ordre de présentation des classes de végétation du synsystème est alphabétique. Ce choix répond à un souci de consultation pratique du prodrome. À l'intérieur de chaque classe, l'ordre de présentation des ordres, sous-ordres, alliances et sous-alliances suit par contre la logique écologique proposée par chaque auteur en raison des enchaînements des textes de diagnose. Cette présentation écologique est complétée au niveau des classes par le système écologique des classes de végétation de la France.

La hiérarchisation du synsystème est marquée dans sa présentation par des retraits successifs vers la droite.

 

Codification des syntaxons

 

Un code hiérarchique est attribué à chaque syntaxon valide du prodrome. Ce code est constitué d'une succession de 1 à 6 numéros séparés par un point. Le premier numéro est celui de la classe, le second de la sous-classe dans la classe, le troisième de l'ordre dans la classe (ou la sous-classe éventuellement), le quatrième du sous-ordre dans l'ordre, le cinquième de l'alliance dans l'ordre (ou le sous-ordre éventuellement), le sixième de la sous-alliance dans l'alliance. L'absence de rang supplémentaire est codée 0 pour les sous-ordres et les sous-classes.

Exemples : "3" pour la classe des Agrostietea stoloniferae Th. Müll. & Görs 1969 ; "6.0.1.0.1.2" pour la sous-alliance du Colchico autumnalis-Arrhenatherenion elatioris B.Foucault 1989.

 

Diversité des syntaxons

 

Le Prodrome des végétations de France recense 712 syntaxons de rang supérieur (classes à sous-alliances) répartis ainsi : 76 classes, 141 ordres, 7 sous-ordres, 361 alliances et 127 sous-alliances.

 

Nomenclature

 

La nomenclature phytosociologique du Prodrome suit la troisième version du Code International de Nomenclature Phytosociologique (en abrégé ICPN) [WEBER, H.E., MORAVEC, J. & THEURILLAT, J.-P., 2000 : International Code of Phytosociological Nomenclature. 3rd edition. Journal of Vegetation Science 11 : 739-768. Uppsala.]. La mise au point nomenclaturale du prodrome a été réalisée par V. BOULLET.

 

Dans le souci d'une présentation taxonomique claire des unités phytosociologiques, la recommandation 10c (article 10) du code ICPN a été suivie dans la mesure du possible. Les noms retenus sont donc dans un certain nombre de cas des noms élargis (enlarged names) qui diffèrent du nom valide (correct name) par l'adjonction de l'épithète (ou des épithètes en cas de nom double)

du taxon (ou des taxons) spécifique(s) ou infraspécifique(s) au génitif.

Exemple : "Carpinion Issler 1931" (nom correct) devient après application de la recommandation 10c "Carpinion betuli Issler 1931"

Dans de tels cas, le nom correct est toujours mentionné à la suite devant la synonymie.

 

L'application de cette recommandation 10c est en outre étayée par le code de nomenclature qui stipule dans son article 10 (paragraphe "a") que "The name of an association or of a syntaxon of higher rank is formed from the validly published name(s) of one or two of the plant species or infraspecific taxa mentioned in the original diagnosis […]." [le nom d'une association ou d'un syntaxon de rang supérieur est formé du (des) nom(s) scientifique(s) validement publié(s) d'une ou deux espèces ou de taxons infraspécifiques mentionnés dans la diagnose originale]. On remarquera à cette occasion la contradiction importante qui existe entre cet article 10 et l'usage de noms valides sans épithète(s) spécifique(s) ou infraspécifique(s).

 

Noms d'auteurs

 

Pour la citation des autorités, les noms d'auteur et leur abréviation éventuelle (recommandation 46B du code ICPN) suivent le référentiel international de la nomenclature botanique "Authors of plant names" (BRUMMITT, R.K. & POWELL, C.E. 1992). Ce choix a été motivé d'une part par le souci d'une cohérence internationale et transdisciplinaire des citations d'auteurs et, d'autre part, par le fait qu'une moitié des auteurs concernés par le présent Prodrome figurait déjà dans "Authors of plant names). Pour les auteurs ne figurant pas dans cette référence internationale, leur citation est cependant faite en harmonie avec elle. L'ensemble des auteurs cités et de leur abréviation sont rassemblés dans un index des noms d'auteurs.

En conséquence de cette standardisation des citations de noms d'auteur, certaines abréviations couramment utilisées en phytosociologie comme "Br.-Bl." pour "J. Braun-Blanquet" ou encore "Tx." pour "R. Tüxen" ont été remplacées par leur standard, respectivement "Braun-Blanq." et "Tüxen".

 

Synonymie

 

La présentation des synonymes est ordonnée de la manière suivante :

- synonymes nomenclaturaux (en abrégé : Syn.) ;

- synonymes syntaxonomiques (en abrégé : Syn. syntax.) ;

- pseudonymes (en abrégé : Pseud.) ;

- antonymes (en abrégé : Non) ;

- noms correspondants, c'est à dire à un autre rang (en abrégé : Corresp.) ;

- propositions nomenclaturales à la Commission de Nomenclature phytosociologique (en abrégé : Propos.).

 

Indications nomenclaturales complémentaires

Les articles du code ICPN qui s'appliquent prioritairement à chaque synonyme sont mentionnés entre parenthèses après la citation de l'autorité. À celle-ci, peuvent s'ajouter  certains compléments d'indication nomenclaturale tels que :

- "nom. ined." (nomen ineditum en application de l'art. 1),

- "nom. nud." (nomen nudum en application de l'art. 2, parag. b),

- "nom. inval." (nomen invalidum en application de l'art. 2, parag. a, c ou d),

- "nom. illeg." (nomen illegitimum en application des art. 29 à 34),

- "nom. dub." (nomen dubium en application des art. 37 ou 38),

- "nom. ambig." (nomen ambiguum en application de l'art. 36),

- "nom. mut." (nomen mutatum en application de l'art. 45),

- "nom. corr." (nomen correctum en application de l'art. 44),

- "corr." (correxit en application de l'art. 43),

- "nom. inv." (nomen inversum en application de l'art. 42),

- "nom. conserv." (nomen conservandum en application de l'art. 52).

 

D'autres abréviations nomenclaturales sont également utilisées à l'occasion de nouvelles

propositions  nomenclaturales :

- "nom. nov." pour "nomen novum",

- "stat.. nov." pour "status novus",

- "hoc loco" pour "dans cette publication",

- "propos." pour "propositum",

- "class." pour "classis",

- "subclass." pour "subclassis",

- "ord." pour "ordo",

- "subord." pour "subordo",

- "all." pour "alliancia",

- "suball." pour "suballiancia".

 

Noms originaux

 

En cas de correction d'un nom original par application de l'article 41, l'écriture originale du nom et  le paragraphe concerné de l'article 41 figurent entre parenthèses après le nom corrigé du syntaxon. La présentation est codifié de la manière suivante : nom original entre apostrophes (par souci de place, seule la partie du nom corrigée est mentionnée, les parties inchangées étant remplacées par des points de suspension), suivi du paragraphe concerné de l'article 41.

 

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